mercredi 3 juillet 2013

Comment gérer un projet (73)

La multiplication des projets fera apparaître une nouvelle dimension qui est souvent confuse dans une organisation qui est dédiée à la gestion d’un seul projet.  Cette dimension, c’est l’entreprise (ou les entreprises) qui chapeaute tous ces projets.  Elle est en soi une entité qui a ses propres ambitions et son propre cycle, distincts de ceux des projets.  Aborder ce sujet pourrait faire l’objet d’un autre livre.  Disons simplement que l’entreprise aura son propre espace de réalisation dans lequel viendront se greffer les projets un à un.  Une entreprise, c’est un grand projet qui se propose de durer longtemps.


Une question d’équilibre
Visualiser ainsi l’ensemble de l’environnement de la gestion d’un événement est peut-être une première pour un bon nombre d’organisateurs.  Cela prendra un certain temps pour expérimenter ce modèle de gestion et comprendre en profondeur les grands choix de gestion sous-jacents.

En cours de route, attendez-vous à devoir clarifier de fausses attentes et des incompréhensions, et à arbitrer bien des tensions quant au partage du pouvoir que propose cette forme de gestion.  Attendez-vous aussi à faire face à des résistances au sein même de l’équipe de direction lorsque vous voudrez mettre en place ce mode de gestion participative.  La gestion d’un projet demeure souvent la chasse gardée des dirigeants qui craignent que la participation de leurs subalternes leur fasse perdre une partie de leur pouvoir.   Beaucoup reste à faire les véritables leviers de la gestion participative qu’ils sont censés être.

Souvent, quand les dirigeants parlent de gestion participative, les travailleurs écoutent, sourire en coin.  Ces travailleurs ne comprennent pas comment ni quand ils pourraient réagir ou agir pour «participer».

Le modèle proposé permet à chaque membre de l’organisation d’influer sur les décisions qui le concernent, condition sine qua non pour agir avec son organisation afin de relever le défi commun.

Ne soyez pas surpris si les premières notes sont aigües.  Donner le droit de parole à une organisation permet d’abord aux récalcitrants de s’exprimer.  En général, les gestionnaires satisfaits dans une organisation sont plus nombreux que les réfractaires.  Or, il est aberrant de constater que les messages d’insatisfaction claironnent toujours plus fort et proviennent souvent de ceux qui ont le plus besoin du soutien en gestion qu’ils rejettent.  L’importance de ces non-adhérents demeure considérable et affaiblit la démarche d’instauration de toute innovation de gestion.  Il faut à tout prix chercher à intégrer ces réactionnaires dans la démarche en prenant le temps de répondre à leurs objections.

Cela exige une bonne dose de tolérance.  Les rejeter ne fera que rendre la tâche plus difficile.  Il s’agit d’un phénomène inévitable qui s’estompera avec le temps, à mesure que la gestion participative donnera de plus en plus la parole à tout le monde.

Le message est clair : il faut tenir compte du rythme de l’organisation et de sa capacité à s’adapter aux changements tout au long de la mise en place de modèle de gestion.  En agissant de la sorte, vous canalisez les énergies vers le même défi.

Le modèle de gestion proposé est un guide de référence pour les organisateurs d’événements et, par extension, pour tout gestionnaire de projet, afin de les soutenir dans leur gestion quotidienne.  Par son approche «responsabilisante», il vise à encourager l’effort et l’excellence et, chemin faisant, à favoriser l’émergence des leaders.  Il cherche surtout à améliorer la qualité de vie professionnelle de chacun pour réaliser l’événement dans un climat organisationnel sain.

Trop souvent, hélas, les dirigeants se concentrent sur les résultats à atteindre sans trop se préoccuper du processus organisationnel pour y arriver.  Ce modèle de gestion désire prouver que, s’ils agissent autrement, le résultat du projet n’en sera que plus grand.  Parole d’organisateur !

Réussir à trouver l’équilibre pour canaliser les énergies vers le même défi, c’est être leader de son organisation et maître de son événement.


mardi 2 juillet 2013

Comment gérer un projet (72)


  • Les grands choix de gestion
Que ce soit pour orienter la mise en place d’un tout nouveau projet d’événement ou pour soutenir la croissance d’un projet d’envergure, que l’événement soit ponctuel ou récurrent, ce modèle de gestion peut s’adapter à tout projet d’événement.

Ce modèle repose sur trois grands choix de gestion qui auront des répercussions profondes sur l’ensemble du projet.  Il est donc impératif que les gestionnaires qui l’utiliseront comprennent l’étendue de ces choix : un mode de gestion par projet, une organisation responsable et des outils de gestion intégrés par champ de responsabilités.

  • Un mode de gestion par projet
La route à suivre pour réaliser un événement (secteur services) est-elle différente du chemin à parcourir pour réaliser un projet dans un autre secteur d’activité (secteur infrastructure) ?  Existe-t-il une différence fondamentale entre le concepteur d’un événement et l’architecte d’un édifice ?  Chacun n’est-il pas directeur artistique de son œuvre ?

On l’a dit, gérer un projet événementiel, c’est d’abord gérer la créativité.  Mais la créativité n’est pas la chasse gardée du monde de l’événement.  Il existe des méthodes et des formations reconnues en gestion de projet, qui, une fois adaptée aux réalités événementielles, sont utiles pour apprendre à mieux gérer un événement.

Tout au long des chapitres précédents, ce livre a cherché à faire le pont entre la gestion de projet classique et la gestion événementielle, car elles sont indissociables.

  • Une organisation responsable
Les organisateurs d’événements ont en réalité peu d’efforts à faire pour rendre vivante leur organisation.  Une organisation est vivante de par la vitalité des membres qui la composent.  Par surcroît, le milieu de l’événement attire depuis toujours des gens dynamiques et prêts à relever des défis.  Toutefois, c’est une affaire que de rendre une organisation responsable, et c’est vous, dirigeant d’événements, qui en détenez la clé.  Vous avez en main le pouvoir de déléguer, de mandater, de réellement responsabiliser ou de dominer abusivement, ce qui est trop souvent une tendance naturelle.

Ce livre a voulu encourager les dirigeants d’événements à mettre en place une structure favorable à une organisation responsable pour ainsi devenir leaders de leur organisation tout en restant maîtres de leur événement.

  • Des outils de gestion intégrés par champ de responsabilités
Être responsable d’une activité signifie également gérer le temps et l’argent liés à cette responsabilité.  La structure organisationnelle est la source d’alimentation commune pour la conception de ces outils de base (échéancier, budget).

Les outils de gestion doivent être accessibles (langage convivial) pour permettre aux gestionnaires d’agir efficacement dans les limites de leurs responsabilités.  Ces outils de gestion intégrés devront être actualisés en fonction de l’évolution du projet.  De là, l’importance de réviser au moins une fois l’an la charte des responsabilités du projet.  Si la base n’est pas totalement fiable, il est difficile de consolider le tout.

Une application multiprojets
Parler d’un mode de gestion par projet quand on a un seul projet à gérer peut paraître bizarre.  La gestion par projet commence à prendre tout sons sens quand l’entreprise gère plusieurs projets simultanément.  Si ce mode de gestion est bien établi au départ, alors il sera facile de repérer la recette.  Le cercle s’agrandit, mais le cycle demeure le même pour chaque projet, petit ou gros.


samedi 29 juin 2013

Conclusion : Comment ? Agir avec son organisation pour relever le même défi (71)


La table est mise.  L’introduction ainsi que le premier chapitre ont présenté la gestion événementielle comme une façon différente de voir et de faire.  Un bref retour historique a permis de mieux saisir le contexte des événements d’aujourd’hui.  Il s’agit d’un style de gestion qui a ses propres règles et ses habitudes.

 
Les chapitres suivants ont fait le tour des dimensions que constitue l’environnement de la gestion d’un événement : pourquoi, quoi, qui, quand, combien, et, finalement, comment.

Les notions présentées proposent une approche stratégique et des outils pratiques pour gérer chacun de ces sous-ensembles.  C’est un modèle de gestion événementielle qui vous a été exposé et qui fait appel à vos qualités de leader pour le mettre en place et de maître pour y arriver.


On ne peut pas aller plus loin sans l’adhésion des gestionnaires pour rendre crédible et vivant ce modèle de gestion.  Ce fameux mariage entre créativité et gestion, s’il est possible, il faut le prouvent maintenant.  Sion, le fossé se creusera tous les jours davantage entre les forces vives de l’organisation, et ce déséquilibre entraînera forcément une bureaucratie visant à sécuriser les patrons.  La clé est de tenir compte de la capacité et du rythme de tous les gestionnaires (y compris les décideurs) qui devront faire vivre et évoluer ce modèle de gestion événementielle au quotidien.  Ils sont les véritables agents de changement pour pousser plus loin les limites actuelles de votre événement.  Sans leur participation active, vous n’y arriverez jamais.

jeudi 27 juin 2013

Le pouvoir de signature suite (70)

Tableau 6.14 Le partage des dépenses d’un événement (sous toute réserve) 1


Direction générale et financement 2                                         4 %
Administration                                                                             8%
Programmation                                                                          35%
Logistique                                                                                  25%
Communication                                                                         10%
Autres :                                                                                             
- Recherche et développement                                                     3%
- Divers                                                                                          5%
- Contingences                                                                            10%

Total des dépenses                                                                 100%

  1. Le lecteur peut se référer au chapitre 4, section 4.2, pour approfondir le détail des responsabilités incluses dans cette projection de dépenses.

  1. Les frais de commission, s’il y a lieu, sont en sus.


Cette présentation sommaire ne prétend pas être un guide complet sur la gestion financière d’un projet.  Elle est plutôt le point de vue d’un organisateur qui désire mettre en place les outils de base pour assurer la saine gestion budgétaire du projet par un habile contrôle interne, laissant aux comptables le soin de compléter la démarche selon les pratiques en usage.


mercredi 26 juin 2013

6.4.5 Le pouvoir de signature (69)


Le pouvoir de signature, c’est l’autorité confiée à un gestionnaire pour signer un acte qui est sous sa responsabilité et qui engage l’entreprise envers un tiers.

La délégation du pouvoir de signature est l’élément le plus stratégique pour assurer un bon contrôle interne.  Le principe de base est de limiter ce pouvoir de recommandation peut être étendu plus largement.

Généralement, un acte qui engage l’entreprise envers un tiers requiert deux signatures.  Autant que faire se peut, il est souhaitable que la première signature soit celle du gestionnaire responsable et la deuxième signature, celle de son autorité supérieur.

Par exemple, le gestionnaire désigné peut signer le bon de commande pour engager la dépense (premier niveau de signature) et le chèque servant à payer cette dépense sera signé par l’autorité concernée (deuxième niveau de signature).

Soyez vigilant.  Outre le chèque ou le bon de commande, les actes à signer sont multiples dans le cours de réalisation d’un projet et engageant véritablement l’entreprise envers un tiers (voir tableau 6.13).

Tableau 6.13 Une liste non exhaustive des formes d’engagement



Un engagement sociétaire : incorporation, contrat intercompagnie, convention d’actionnaires.

Un engagement de propriété intellectuelle : marque de commerce, contrat d’édition, brevet d’intention, contrat de licence.

Un engagement commercial : contrat d’acquisition, contrat de vente, d’achat de location, d’entretien, contrat de fournisseur, contrat de commandite, contrat de distribution, bail.

Un engagement d’employeur : contrat d’embauche, feuille de présence, lettre de fin d’emploi, compte de dépenses, carte de crédit de société.

Un engagement financier : compte de banque (ouverture, emprunt, placement, virement), chèque, lettre de garantie, acte de fiducie (hypothèque), bon de commande.


Même si le pouvoir de signature est strictement réservé aux cadres (gestionnaires) de l’organisation, il est prudent de fixer un seuil de dépenses autorisées à chacun pour éviter tout abus de pouvoir.  Ces limites d’engagement seront établies selon leur niveau hiérarchique et la nature de leurs activités.


Conclure ce chapitre sur la gestion stratégique du budget sans parler de la répartition des dépenses entre les différentes directions serait incomplet.  À ce sujet, beaucoup de variables en fonction de la nature du projet sont à considérer.  Les dépenses de la programmation et celles de la technique sont des vases communicants et sont directement liées à l’activité elle-même.  Les dépenses de logistique sont reliées au lieu de l’événement.  Ainsi, un événement extérieur en plein champ coûte plus cher, car cela exige l’installation temporaire d’une infrastructure déjà en place dans un théâtre.  Par ailleurs, les autres dépenses (direction générale, administration, financièrement, communication, frais divers, contingences) sont à peu près fixes d’un événement à l’autre, et les pourcentages suggérés sont des normes acceptables.

mardi 25 juin 2013

6.4.4 Le processus budgétaire (68)


Le processus budgétaire est un cycle de gestion continu : planification et adoption du projet, consolidation des états des résultats, validation des données financières et budgétaires.  Il doit couvrir toute la période de réalisation du projet.  Le tableau 6.12 donne l’exemple d’un processus budgétaire annuel.

Tout au long de ce processus budgétaire dont elle à la responsabilité, la direction de l’administration doit s’assurer de la conformité des renseignements fournis et les modifier ou les compléter au besoin.  Le budget révisé et les résultats consolidés sont présentés par la suite aux décideurs pour approbation.  Ce budget devra être respecté par les gestionnaires, qui pourront proposer des ajustements en cours de route.

Tableau 6.12 Le processus budgétaire annuel *(Exemple type)




Mars : Confirmation des résultats de l’année précédente et ajustement du budget de l’année en cours.

Juin : Révision du budget de l’année en cours et ajustement

Juillet : Planification du budget de l’année à venir

Septembre : Révision du budget de l’année en cours et ajustement

Octobre : Adoption du budget de l’année à venir

Novembre : Ajustement du budget de l’année en cours aux fins fiscales

Décembre : Compilation des résultats de fin d’année

*  Selon la durée du projet, il peut y avoir chevauchement sur plusieurs années.

lundi 24 juin 2013

6.4.3 Les rapports budgétaires (67)


Un bon rapport budgétaire présente une vue complète des renseignements financiers utiles aux gestionnaires et leur montre clairement les enjeux qui y sont rattachés.  Il est bâti sur mesure pour le projet et couvre toute sa période de réalisation.  Le rapport budgétaire est différent du rapport financier (ou état des résultats), qui est compilé selon des résultats, qui est compilé selon des normes comptables reconnues.  Un bon logiciel comptable traite les données financières, ce qui permet de produire les rapports selon les vues recherchées (voir tableau 6.11).

Bien des organisations ont connu des mésaventures en découvrant en cours d’utilisation que leur logiciel ne permettait pas de produire tel ou tel rapport.  La mise en place d’un logiciel comptable est toujours complexe et onéreuse.  Le remplacement d’un logiciel comptable qui ne correspond plus aux besoins est encore plus complexe et doublement onéreux.  Il est important de bien cerner les types de rapports souhaités afin de choisir le logiciel comptable approprié et il est prudent de bien cerner les types de rapports souhaités afin de choisir le logiciel comptable approprié et il est prudent de planifier à long terme son utilisation.

Tableau 6.11 Les types de rapports budgétaires


Par compagnie : dans le cas où plus d’une entité juridique est en jeu.

Par projet : dans le cas d’une entreprise qui gère plus d’un événement à la fois.

Par direction : pour retracer facilement les données selon la structure organisationnelle

Par direction : pour retracer facilement les données selon la structure organisationnelle

Par période : par mois, par trimestre, par phase, par année ou pour la durée totale du projet.

Par territoire : pour permettre un suivi par marché (ville, pays).

Par nature : pour permettre un suivi spécifique (revenus, dépenses).

Par client ou fournisseur : Pour remettre un suivi personnalisé.

Par devise : selon le territoire touché.